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À Paris, le juge rappelle que le risque de troubles ne suffit pas à déplacer la liberté de manifester

Illustration éditoriale générée par IA ; elle ne représente pas une scène photographiée.
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Le tribunal administratif de Paris a suspendu, le 30 octobre, l’arrêté par lequel la Préfecture de police voulait empêcher le cortège intersyndical du 31 octobre d’aller de Bastille à Nation. Cette décision est un rappel utile : un risque de troubles, même sérieux, ne donne pas à l’administration un blanc-seing pour redessiner de fait le droit de manifester.

La préfecture privilégiait un itinéraire unique, périphérique, entre les portes de Bagnolet et de Charenton. Le préfet Patrice Faure l’a justifié par la sécurité, la prévention des dégradations et la nécessité de laisser les commerces exercer leur activité, selon France 24. Les syndicats ont saisi le juge après avoir dénoncé une décision communiquée trop tardivement pour être contestée utilement. Le tribunal leur a donné raison sur le parcours Bastille-Nation, d’après France 24 et Le Monde.

Le jugement ne nie pas le contexte. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez évoque un risque « très élevé » de troubles et annonce la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes à l’échelle nationale. France 24 rapporte aussi des appels en ligne attribués par le ministère à des mouvances radicalisées, ainsi que des restrictions distinctes, dont un couvre-feu autour de République et Châtelet-Les Halles. Ces éléments peuvent justifier des mesures de sécurité ciblées et un dispositif important.

Mais l’enjeu juridique et politique est précisément la proportionnalité. Déplacer systématiquement un cortège du centre vers les boulevards extérieurs ne se réduit pas à une décision logistique : cela réduit sa visibilité et change les conditions concrètes d’exercice d’une liberté fondamentale. La sécurité publique compte, mais elle doit être démontrée et encadrée, pas seulement invoquée pour imposer le tracé le moins exposé aux regards.

La Préfecture de police a annoncé un appel. Le point décisif à suivre est donc de savoir si cette voie de recours modifiera à nouveau le parcours avant le départ annoncé samedi à 14 heures, ou si les autorités adapteront leur maintien de l’ordre à l’itinéraire validé par le juge.

Sources

Contenu éditorial indépendant. WUA n’est affilié à aucun parti politique. 2026-10-30